Index égalité femmes-hommes : quelles sont vos obligations en tant qu’employeur ?

L’égalité salariale entre les femmes et les hommes n’est plus seulement un objectif de politique interne ou de responsabilité sociale. Aujourd’hui, il s’agit d’une obligation légale pour les entreprises d’au moins 50 salariés. Depuis plusieurs années, les entreprises doivent calculer et publier l’index de l’égalité professionnelle, un indicateur destiné à mesurer les écarts de rémunération et de progression de carrière entre les femmes et les hommes. Pour les employeurs, ce dispositif implique plusieurs obligations précises.

📌 L’index égalité femmes-hommes est obligatoire à partir de 50 salariés

Toute entreprise d’au moins 50 salariés pendant au moins trois années consécutives doit calculer chaque année l’index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Ce dispositif a été instauré par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel de 2018.

L’index est calculé à partir de plusieurs indicateurs permettant d’évaluer les écarts existants dans l’entreprise.

Selon la taille de l’entreprise, ces indicateurs portent notamment sur :

  • les écarts de rémunération entre femmes et hommes

  • les écarts d’augmentations individuelles

  • les écarts de promotions (dans les entreprises de plus de 250 salariés)

  • les augmentations au retour de congé maternité

  • la représentation des femmes parmi les plus hautes rémunérations.

L’objectif est d’obtenir une note globale sur 100 points.

📌 Vous devez publier l’index chaque année

Une fois calculé, l’index doit être rendu public.

L’entreprise doit notamment :

  • publier la note globale obtenue

  • rendre cette information accessible aux salariés

  • la publier sur son site internet lorsqu’il en existe un.

Cette publication doit intervenir au plus tard le 1er mars de chaque année.

L’objectif est de renforcer la transparence en matière d’égalité professionnelle.

📌 Les résultats doivent être transmis à l’administration

En plus de la publication, les résultats doivent être transmis à l’administration.

Les entreprises doivent transmettre :

  • la note globale de l’index

  • le détail des indicateurs

  • les éventuelles mesures de correction ou de rattrapage.

Ces informations sont transmises aux services du ministère du Travail via une plateforme dédiée.

Le dispositif peut être contrôlé par l’administration du travail, notamment par l’inspection du travail.

📌 Une note insuffisante impose des mesures correctives

Si l’entreprise obtient une note inférieure à 75 points, elle doit mettre en place des mesures de correction.

Ces actions peuvent être négociées dans le cadre de la négociation sur l’égalité professionnelle ou définies dans un plan d’action unilatéral.

L’entreprise dispose alors d’un délai de trois ans pour améliorer ses résultats et atteindre au moins 75 points.

L’objectif est de réduire progressivement les écarts constatés.

📌 Des sanctions sont prévues en cas de non-respect

Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions financières.

Plusieurs situations peuvent être sanctionnées :

  • absence de publication de l’index

  • absence de transmission des résultats à l’administration

  • absence de mise en œuvre de mesures correctives lorsque la note est insuffisante.

Dans certains cas, l’entreprise peut se voir appliquer une pénalité financière pouvant atteindre 1 % de la masse salariale annuelle.

Le principe d’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est par ailleurs consacré par le Code du travail et régulièrement rappelé par la jurisprudence.

📌 Pourquoi ce sujet doit être anticipé ?

Pour les employeurs, l’index égalité femmes-hommes est devenu un élément central de conformité sociale.

Il ne s’agit plus seulement d’un engagement RSE ou d’une démarche volontaire.

Le calcul de l’index, sa publication et le suivi des indicateurs font désormais partie des obligations légales de l’entreprise.

Anticiper ces obligations permet notamment de :

  • sécuriser la conformité de l’entreprise

  • éviter les sanctions administratives

  • identifier les éventuels écarts de rémunération.

L’égalité salariale est aujourd’hui un sujet juridique, social et organisationnel qui doit être intégré dans la gestion des ressources humaines de l’entreprise.

L’index égalité femmes-hommes n’est plus une simple démarche de conformité, mais un véritable outil de pilotage des ressources humaines. Anticiper les écarts et agir rapidement permet non seulement d’éviter les sanctions, mais aussi de sécuriser les pratiques internes.

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