Le télétravail peut-il être refusé parce qu’on habite trop près du lieu de travail ?

Le télétravail est une modalité d’organisation du travail de plus en plus répandue, mais sa mise en place n’est pas automatique. L’employeur peut refuser cette demande, même pour des motifs liés à la proximité géographique du salarié par rapport au lieu de travail. Cependant, ce refus doit respecter certaines règles et ne pas être discriminatoire.

Le télétravail : une mesure facultative mais encadrée

Selon l’article L.1222-9 du Code du travail, le télétravail repose sur un accord entre le salarié et l’employeur. En l’absence de clause dans le contrat de travail ou d’accord collectif prévoyant le télétravail, le salarié ne peut pas l’imposer à l’employeur.

Cependant, si le poste et les conditions de travail permettent d’exercer les missions à distance, l’employeur ne peut refuser une demande sans justifier sa décision par des motifs légitimes.

La proximité géographique est-elle un motif légitime ?

L’employeur pourrait invoquer la proximité du domicile pour refuser une demande de télétravail en considérant que :

  • La présence physique sur site reste facilement réalisable en raison de la courte distance.
  • Le télétravail n’apporte pas de valeur ajoutée, comme une réduction des frais ou une meilleure organisation.

Toutefois, un tel argument doit être examiné au cas par cas et ne doit pas masquer d’autres motifs, comme une volonté de discrimination.

Les critères à prendre en compte pour justifier un refus

Pour refuser une demande de télétravail, l’employeur doit se fonder sur des critères objectifs, tels que :

  1. La nature des missions : Si celles-ci nécessitent une présence sur site (ex. : accueil du public, travail en équipe).
  2. Des contraintes organisationnelles : Si le télétravail perturbe le fonctionnement normal de l’entreprise.
  3. La sécurité ou la confidentialité : Si l’activité nécessite un accès direct à des outils ou données protégées.

Un refus fondé uniquement sur la proximité géographique pourrait être jugé insuffisant, surtout si les missions peuvent être réalisées à distance sans impact négatif.

Vos droits en cas de refus

  1. Demande d’une justification écrite
    En cas de refus, vous êtes en droit de demander une explication formelle. Cette justification doit être fondée sur des motifs légitimes et non discriminatoires.
  2. Vérification des accords ou usages
    Consultez votre convention collective ou accord d’entreprise, car certains textes peuvent prévoir des droits spécifiques au télétravail, indépendamment de la distance.
  3. Recours possibles
    Si le refus est jugé arbitraire ou injustifié, vous pouvez :
    • Consulter les représentants du personnel ou le comité social et économique (CSE).
    • Consulter un avocat en droit du travail 
    • Saisir le Conseil de prud’hommes si vous estimez que le refus repose sur une discrimination ou une absence de justification valable.
En tant qu’avocate en droit du travail, je peux vous aider à analyser la situation, à vérifier la légitimité du refus de votre employeur et, si nécessaire, à engager les démarches appropriées pour faire valoir vos droits. Le télétravail, bien qu’il reste une modalité facultative, ne peut être refusé de manière abusive ou discriminatoire. Si vous êtes confronté(e) à un tel refus, n’hésitez pas à me consulter pour obtenir des conseils personnalisés et défendre vos intérêts.

Je me tiens à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner pour défendre au mieux vos intérêts en tant que salarié

D’autres questions que vous pourriez vous poser en tant que salarié :